COP30 : Les quatre bonnes surprises qui redessinent la trajectoire climatique
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La COP30, tenue à Belém (Brésil) en novembre 2025, s’est conclue par un communiqué final jugé « sans ambition ». Pourtant, derrière cette inertie apparente, quatre avancées discrètes — des « transformations silencieuses » — redéfinissent la trajectoire climatique mondiale.
1. La méthodologie tient bon
- Malgré le dépassement du seuil de +1,5 °C en 2024, l’architecture méthodologique de l’Accord de Paris reste intacte.
- Ce cadre exigeant (reporting, transparence, révisions régulières) aurait pu être remis en cause (ex. recul du Green Deal en Europe, politiques anti-environnementales aux États-Unis), mais il résiste aux tentatives de démantèlement.
- Enjeu stratégique : la méthode de l’Accord de Paris demeure le socle de la gouvernance climatique, garantissant une continuité et une crédibilité dans le suivi des engagements.
2. Les entreprises sont désormais convoquées
- La participation politique s’érode : seulement une soixantaine de chefs d’État présents, contre près du double deux ans plus tôt.
- Le véritable enjeu est désormais d’embarquer les entreprises, longtemps absentes des négociations.
- Sans elles, les accords restent fragiles et incantatoires : les États fixent des objectifs, mais ce sont les entreprises qui détiennent les leviers technologiques, financiers et organisationnels.
- Enjeu stratégique : la COP30 marque un basculement ; la transition climatique ne peut réussir sans l’intégration des acteurs économiques au cœur du processus.
3. Les bénéfices de l’Accord de Paris sont déjà perceptibles
- Les dirigeants présents à Belém reconnaissent l’échec à contenir le réchauffement, mais soulignent que l’Accord de Paris a déjà produit des effets tangibles :
- Diffusion d’une culture scientifique et technique du climat.
- Mise en place de politiques nationales plus ambitieuses.
- Mobilisation accrue contre la désinformation et les « forces extrémistes » qui sapent la confiance dans la science.
- Enjeu stratégique : même imparfait, l’Accord de Paris a enclenché une dynamique irréversible, qui structure les politiques publiques et les débats internationaux.
4. Les fossiles craquent ; la transition juste s’impose dans la douleur
- Les énergies fossiles ne sont pas explicitement mentionnées dans le texte final, mais la référence à la déclaration de Dubaï (COP28) maintient l’idée d’une sortie progressive.
- La présence massive de lobbyistes (1.600 accrédités à Belém) illustre la résistance du secteur, mais aussi la pression croissante pour une transition.
- La « transition juste » s’impose comme un impératif : accompagner les travailleurs et territoires dépendants des fossiles pour éviter fractures sociales et politiques.
- Enjeu stratégique : la sortie des fossiles est désormais actée dans les discours et les références, même si elle reste douloureuse et conflictuelle.
Conclusion
Ces quatre avancées sont des transformations silencieuses : elles ne font pas la une des communiqués, mais elles posent les bases d’une transition lente et irréversible. Sous l’apparente inertie des COP, un déplacement profond s’opère : la trajectoire climatique mondiale se redessine discrètement, mais durablement.
Pour découvrir chacune de ces 4 avancées, lire l’article de Martin Richer : « Les quatre bonnes surprises de la COP30 : métamorphose de la trajectoire climatique », 24 novembre 2025