Début d’année : les recettes “anti backlash environnemental” de nos pairs en RSE
Il y a dix ans, le 12 décembre 2015, l’accord de Paris était adopté par 195 pays. La rédaction AEF info Développement durable s’est réunie pour identifier 30 personnes qui, dans le sillage de ce texte, ont particulièrement œuvré afin de mettre la transition écologique au cœur des modèles économiques.
Janvier et ce début d’année est l’occasion parfaite pour valoriser ce travail de l’équipe AEF info Data RSE, de collecte et synthèse des contributions de 30 personnalités RSE incontournables en France.
A découvrir, dans l’infographie complète réalisée par Arthur Russias, l’ensemble de leurs réponses dont la date qui leur semble la plus marquante de ces dix dernières années en RSE. (Spoiler… Sans surprise, le “détricotage” de la CS3D et la CSRD est cité onze fois, du côté des échecs ou des regrets).
Leurs recettes “anti backlash environnemental”
Voici un extrait des recettes “anti backlash environnemental” proposées par ces personnalités françaises qui ont fait bouger les lignes en RSE depuis la COP 21…
“Lucidité et enthousiasme : le backlash est une contre-réaction qui va se cantonner, les faits sont têtus.”
C’est la recette d’Alain Grandjean. Il est considéré comme l’un des pères de l’article 173-VI de la loi de transition énergétique de 2015 instaurant une obligation d’information pour les investisseurs institutionnels sur leur gestion des risques climat.
Hélène Valade, qui a notamment dirigé le C3D, la Plateforme RSE et l’Orse au cours de cette dernière décennie, propose sur la même idée, de garder le cap :
“Le balancier reviendra. Garder le cap environnemental, de manière opérationnelle et pragmatique. Chiffrer les risques et le coût de l’inaction. S’appuyer sur la jeune génération dans les entreprises qui a de très fortes attentes sur le sujet. Avoir aussi le courage de faire le diagnostic de ce qui n’a pas marché. Parler et agir davantage en faveur de la biodiversité : on peut obtenir des résultats tangibles rapidement; et ça donne envie d’avoir envie de la transition !”
“Le meilleur moyen de pérenniser les engagements environnementaux ou sociaux des entreprises, c’est de les concevoir comme des leviers d’efficience et de performance. Dans ces conditions, les engagements ne reposent pas uniquement sur du volontarisme, c’est aussi du pragmatisme. La décarbonation des usines, par exemple, permet de réduire l’énergie utilisée pour produire, et de s’affranchir de certaines dépendances coûteuses comme celle au gaz au travers de projets d’énergies renouvelables comme la géothermie.”
Jean-Dominique Senard, inspirateur de la loi Pacte avec le rapport Notat-Senard.
…Rejoint par Jean-Pascal Tricoire, qui a porté les ODD via le Pacte mondial des Nations unies et qui suggère :
“Pragmatisme, innovation et autonomisation des personnes. Nous devons positionner l’ESG comme un moteur de créativité, de compétitivité, de résilience et de prospérité, et non comme une idéologie.- Prouver la valeur économique des investissements ESG, de l’efficacité énergétique à l’élargissement du vivier de talents : montrer comment la durabilité renforce l’innovation, l’attractivité et la compétitivité.- Se concentrer sur les solutions existantes et économiques.”
Lu aussi dans l’infographie :
“Le mécanisme de transparence exo-comptable qui permet le “pricing” par les marchés des capitaux des risques de résilience des chaînes de valeur des entreprises, dans le court, moyen et long-terme. Il ne s’agit pas de valeurs, mais de valeur. Et de valoriser la résilience des entreprises et de leur écosystème.”
Emmanuel Faber qui a fait de Danone la première société du CAC 40 entreprise à mission.
“Rappeler encore et encore qu’il s’agit d’une perception politique et médiatique qui est en train de se heurter à des réalités économiques, environnementales et sociales que ce fameux backlash ne peut abolir. Souligner que toutes les enquêtes montrent que les citoyens, en France comme en Europe, sont majoritairement conscients qu’il est urgent d’agir et que le backlash permet à quelques-uns de préserver un “business as usual” dont ils sont les seuls bénéficiaires.”
Anne-Catherine Husson-Traoré, qui porté haut et fort les sujets de l’économie et de la finance durable, et des réglementations qui leur sont liées.
“Ne pas fuir la complexité. L’écologie ne gagnera pas sur la morale, mais sur la performance. Il faut relier écologie, économie et souveraineté, et sortir du discours punitif. Ma conviction, c’est que le progrès durable sera désiré ou ne sera pas. On doit redonner envie, pas faire peur.”
Romain Mouton, qui a lancé le Cercle de Giverny
Enfin, Alexandra Palt, passée de la RSE de L’Oréal à la présidence du WWF France suggère d’“Interroger les Français”.
“Rendre plus populaires les enjeux de RSE, afin qu’ils puissent être portés par la société civile comme une force politique.”
Dominique Potier, père de la loi française sur le devoir de vigilance adoptée en mars 2017.
… et vous, quelle est votre recette “anti backlash environnemental” ?
Envie d’être re-motivés et inspirés en ce début d’année ?
Et si vous nous rejoignez les 2 et 3 mars lors de Sustain, événement international à Paris. Le thème de cette année est “Sustained Advantage”, ou comment la durabilité peut aider votre entreprise à acquérir un Avantage Compétitif Pérenne.
