L’effet d’entraînement climatique sur la chaîne d’approvisionnement : données chiffrées
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Selon l’enquête Future Risks Report qui invite chaque année 3 600 experts issus de 57 pays à classer les 10 principaux risques -en fonction de leur impact potentiel sur la société pour les cinq à dix prochaines années- le changement climatique demeure en première position parmi les risques du futur.
Face à ce risque, le rôle des entreprises est essentiel.
“Au sein de l’initiative Science Based Targets (SBTi), le nombre d’objectifs Net Zero a augmenté de 227 % en seulement 18 mois, preuve que les entreprises perçoivent désormais clairement l’intérêt de gérer les risques liés à leur transition, et de saisir les opportunités stratégiques liées à celle-ci. Mais, la véritable force du changement”, rappelle David Kennedy, PDG de la SBTi dans cet interview, “ne se mesure pas seulement au nombre d’engagements pris. Elle réside dans ce que l’on pourrait appeler l’effet d’entraînement climatique ; lorsque les grandes entreprises se fixent un cap, elles ouvrent la voie à des milliers de fournisseurs qui s’engagent à leur tour dans la décarbonation”.
Source : Interview David Kennedy, PDG de la SBTi
Deux chiffres à retenir sur du Carbon Action Report 2025, étude menée cette année en collaboration avec les équipes du BCG
- Les émissions de Scope 3 sont, en moyenne, 21 fois plus élevées que les émissions directes.
- L’engagement avec les fournisseurs est le levier le plus corrélé à la performance décarbonation, 9 fois plus puissant que d’autres actions de réduction des émissions.
Évaluer la maturité carbone de ses fournisseurs est une étape clé pour adapter les actions d’engagement à mettre en place et avancer vers les objectifs partagés de réduction des émissions du Scope 3.
En attendant la publication des données issues du Carbon Action Manager mi 2025 à mi 2026, voici les principaux enseignements sur la maturité carbone de plus de 80 000 entreprises PME et ETI par grandes régions du monde et +130 000 Évaluations Carbone EcoVadis.
I – Maturité carbone : l’Europe conserve une longueur d’avance
Si, à l’échelle mondiale, la maturité carbone des fournisseurs progresse régulièrement, les dynamiques varient fortement selon les régions. Des écarts significatifs de maturité, qui révèlent à la fois des opportunités d’amélioration et des leviers d’accompagnement prioritaires pour renforcer la décarbonation à grande échelle.
Maturité carbone : cinq niveaux de Insuffisant à Avancé et Leader
Le modèle de maturité carbone du Carbon Action Manager EcoVadis classe les fournisseurs en cinq niveaux (Insuffisant, Débutant, Intermédiaire, Avancé et Leader) selon leur capacité à gérer leurs émissions, les réduire, et en assurer le reporting avec précision.

Se référer à la page 13 du document Méthodologie carbone
Le système de gestion des émissions de GES est qualifié “Insuffisant”, en cas de présence minimale, voire inexistante, d’éléments de gestion des émissions de GES à “Débutant”, avec la mise en place partielle d’un système de gestion des émissions de GES et/ou de pratiques de reporting.
A l’autre bout de l’échelle, le niveau “Avancé qualifie un système complet de gestion des émissions de GES, incluant la vérification des données et la publication des résultats. La catégorie “Leader” comprend les entreprises qui, en plus d’un système de gestion des émissions de GES de référence, ont des objectifs de réduction basés sur la science et des mesures de réduction innovantes. Elles sont aussi plus avancées sur la maîtrise de leurs émissions indirectes (Scope 3, voir plus loin).
Principaux enseignements mi-2025 :
■ Europe :
Avec 49 % de fournisseurs réévalués désormais classés Intermédiaire, Avancé ou Leader, l’Europe conserve une longueur d’avance en matière de maturité carbone
■ Amérique du Nord :
11 % des fournisseurs atteignent désormais les niveaux Avancé ou Leader, signe d’une forte dynamique de progression
■ Asie-Pacifique :
Si 64 % des fournisseurs restent encore aux niveaux Insuffisant ou Débutant, la région amorce une progression visible vers le niveau Intermédiaire
■ Amérique latine :
75 % des fournisseurs réévalués se situent encore à un stade précoce, mais de plus en plus atteignent le niveau Intermédiaire
■ Afrique et Moyen-Orient :
La part de fournisseurs notés Insuffisant a chuté de 48 % à 28 %, soit la plus forte amélioration relative observée à l’échelle mondiale.
II- 30% des entreprises évaluées dans le monde ont un reporting Scope 1&2, et seules 8% sur le Scope 3
À l’échelle mondiale, la majorité des entreprises n’effectuent toujours pas de reporting de leurs émissions de GES directes et indirectes.
Le Scope 3, qui représente souvent la part la plus importante de l’empreinte carbone, reste le plus difficile à couvrir : entre la complexité des chaînes d’approvisionnement, la diversité des données à collecter et le caractère encore volontaire du reporting, cette étape représente un véritable défi, même pour les entreprises les mieux évaluées du réseau EcoVadis.
En Europe,
- 34% des entreprises évaluées ont un reporting Scope 1 et 2,
- et seules 18% sur le Scope 3.

Se référer à la page 7 du rapport
Sans surprise, les entreprises évaluées de niveau Avancé et Leader non seulement sont à même de produire un reporting Scope 3 (62% contre 8% en moyenne) mais aussi en bonne voie d’atteindre leurs objectifs Scope 3 (38% contre 4%) en moyenne.
III – Effet d’entraînement : les fournisseurs réévalués progressent dans la gestion des émissions de GES
L’analyse des fournisseurs réévalués met en évidence l’impact d’un engagement continu :
■ Près de 80 % des fournisseurs ont débuté à un niveau Insuffisant ou Débutant.
■ Après plusieurs cycles d’évaluation, à peine plus de la moitié y figurent encore
■ La part de fournisseurs de niveau Intermédiaire est passée de 19 % à 34 %
■ La proportion de fournisseurs de niveau Avancé et Leader a presque triplé
■ 42 % des fournisseurs réévalués ont progressé d’au moins un niveau de maturité sur l’échelle carbone EcoVadis

Se référer à la page 5 du rapport Monde
L’un des points toujours bloquants du Scope 3 : la qualité des données carbone partagées par les partenaires.
Le Scope 3 représentant souvent l’essentiel des émissions de GES d’une entreprise, il est impossible d’établir un véritable plan de décarbonation sans intégrer ces émissions.
Or l’un des principaux points bloquants sur les émissions scope 3 demeure leur qualité : données incomplètes, ou manquant de fiabilité. Conséquence directe ? Ces informations ne permettent pas, en l’état, de définir des trajectoires fiables de décarbonation.
C’est la raison pour laquelle, depuis sa création, l’évaluation EcoVadis Carbon Action Manager comprend une étape de qualification du niveau de fiabilité des données d’émissions de GES remontées par les fournisseurs.

> Se référer aux pages 6 et 7 de la méthodologie carbone
Débloquer la mise en action avec le Carbon Action Manager : 4 niveaux de fiabilité des données carbone
La solution EcoVadis qualifie systématiquement la qualité des données remontées par les partenaires commerciaux en indiquant un niveau de fiabilité en 4 niveaux : Faible, moyenne, élevée et Vérifiée par un tiers.
Ainsi, chaque donnée carbone Scopes 1, 2 et 3 transmise par les fournisseurs est soumise à un processus de qualification assisté par l’IA pour estimer le niveau de fiabilité de l’information collectée.
Cette qualification instantanée de la qualité des données permet aux donneurs d’ordre d’identifier les données Scope 3 auxquelles ils peuvent se fier pour les rapports internes et externes, mais aussi d’alerter les fournisseurs avec une feuille de route claire pour s’améliorer.
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Tout juste paru : Un supplément CAM sur les données France (FR report CAM 2025)
> En France, 49% des entreprises évaluées au moins deux fois sur leur management carbone ont un reporting Scope 1 et 2; elles ne sont plus que 33% sur le périmètre du Scope 3.
Serez-vous des nôtres les 2 et 3 mars 2026 ? RDV à Sustain 2026 où le Scope 3 sera l’un des sujets majeurs couverts, l’occasion de découvrir les équipes et les solutions EcoVadis.