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30th June 2026

Les Achats Responsables en France : ce que révèle le nouveau Baromètre des achats responsables sur les forces et les faiblesses des services Achats francais

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Qu’est-ce qui préoccupe vraiment les directeurs Achats en France en matière de développement durable ? La prochaine vague réglementaire ? La pression de leur direction ? Ou simplement la volonté de garder une longueur d’avance sur la concurrence ?

La réponse est : tout cela à la fois, et c’est précisément ce qui rend les conclusions du Baromètre des Achats Responsables de cette année aussi éclairantes. Publiée pour la neuvième fois par EcoVadis en collaboration avec Accenture, notre étude s’appuie sur les données de 1 000 services Achats et de près de 2 000 fournisseurs à travers le monde.

Principal enseignement : les entreprises les plus résilientes et les plus compétitives ne traitent plus les Achats Responsables comme un projet annexe; elles les intègrent au cœur de leurs opérations.

La France illustre bien cette évolution, tout en révélant ses propres tensions. Car si les entreprises françaises figurent parmi les leaders européens dans de nombreux domaines, le baromètre révèle aussi des zones où même ce rôle de pionnier ne suffit plus.

Un acteur de référence avec une équipe dédiée

En matière d’Achats Responsables, la France affiche une maturité notable : 36 % des entreprises interrogées indiquent que leur programme est en place depuis plus de dix ans (bien au-dessus de la moyenne mondiale de 25 %) et 68 % d’entre elles ont constitué une équipe dédiée exclusivement aux Achats Responsables (contre 55 % à l’échelle mondiale).

Ces bons résultats sont tout sauf un hasard. Car dans un environnement réglementaire particulièrement exigeant (loi allemande sur la diligence raisonnable (LkSG), directive européenne sur le devoir de vigilance (CSDDD), directive sur le reporting de durabilité (CSRD)), disposer de structures solides n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

Les Achats Responsables ne sont plus une approche en silo

Il est particulièrement frappant de constater à quel point les Achats Responsables sont désormais solidement ancrés dans les entreprises françaises. 52 % des services chargés de la chaîne d’approvisionnement sont étroitement impliqués dans ce domaine à un niveau stratégique, alors que ce chiffre n’est que de 49 % à l’échelle mondiale. Le rôle du directeur du développement durable (CSO) gagne également en importance : dans 66 % des entreprises françaises, le CSO participe activement aux processus d’approvisionnement, contre 52 % à l’échelle mondiale.

Cela montre qu’en France, les Achats Responsables ne sont plus considérés comme une simple initiative isolée en matière d’Achats, mais plutôt comme un enjeu stratégique transversal qui s’étend de la direction générale jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle.

Transparence sur les fournisseurs de rang 1

En matière de visibilité sur la chaîne d’approvisionnement, la France affiche d’excellents résultats. 60 % des entreprises ont une bonne connaissance des performances en matière de développement durable de plus de 75 % de leurs fournisseurs directs, ce qui place les services d’approvisionnement français ben au-delà de la moyenne mondiale de 48 % et dans la lignée des autres grands marchés européens : Allemagne (58 %), Italie (57 %), Royaume-Uni (55 %).

Cette transparence se traduit aussi dans les pratiques d’achat : 32 % des entreprises françaises concentrent au moins la moitié de leurs dépenses sur des notations ou plateformes RSE, contre 26 % à l’échelle mondiale. Quant à la rigueur sur les données climatiques, elle est tout aussi notable, puisque 76 % des acheteurs français collectent des données sur l’empreinte carbone au niveau des produits, contre 67 % en moyenne mondiale.

Reste une question centrale : que se passe-t-il au-delà du rang 1 ? C’est précisément là que se situe le prochain défi pour de nombreux programmes, d’autant plus pressant à l’heure où la CSDDD met explicitement l’accent sur les chaînes de valeur plus profondes.

Une approche numérique et axée sur les données, mais des progrès à réaliser sur la mise à l’échelle de l’IA

La France figure parmi les leaders européens en matière de numérisation des processus d’approvisionnement. Dans la gestion des risques, 38 % des entreprises ont atteint une intégration numérique complète, contre 29 % à l’échelle mondiale. La gestion des relations fournisseurs suit la même tendance, avec un taux de numérisation de 32 %, soit huit points de plus que la moyenne mondiale.

Quant à l’IA, elle est déjà bien présente dans les opérations, avec 62 % des services Achats français y ayant recours, notamment pour l’analyse prédictive (78 % contre 71 % à l’échelle mondiale) et la validation des données liées aux émissions de CO2 (66 % contre 61 %). Des résultats solides, certes, mais qui masquent un écart persistant sur la mise à l’échelle.

Car lorsqu’il s’agit de déployer l’IA à l’ensemble des processus d’approvisionnement, la France (12 %) se situe légèrement en dessous de la moyenne mondiale (13 %). Même constat pour l’évaluation des risques fournisseurs assistée par l’IA : 62 % en France, contre 63 % dans le monde. En somme, si le potentiel est reconnu, la mise à l’échelle, elle, n’a pas encore suivi.

La réglementation en est le moteur, l’innovation en assure le retour sur investissement

Qu’est-ce qui pousse les acheteurs français à agir ? La réponse est claire : 64 % citent la gestion des risques RSE et les exigences réglementaires comme première raison d’étendre leurs programmes, contre 56 % à l’échelle mondiale.

Mais si l’impulsion vient de la réglementation, les résultats, eux, vont bien au-delà. Ainsi, 62 % des entreprises françaises font état de retombées concrètes en matière d’innovation, qu’elles attribuent directement à leurs programmes d’Achats Responsables, contre 57 % dans le monde. Par ailleurs, 54 % d’entre elles font état de réelles économies, contre 45 % au niveau mondial. De quoi battre en brèche l’idée reçue selon laquelle les Achats Responsables seraient avant tout un facteur de coûts.

Ces résultats s’appuient sur des bases solides : 82 % des entreprises françaises mesurent leur retour sur investissement avec des indicateurs financiers chiffrés, contre 68 % en moyenne mondiale. La France se distingue également sur la transparence : 72 % des entreprises tricolores publient un rapport annuel sur le développement durable, et 66 % communiquent des informations réglementaires officielles.

L’avenir appartient à l’éthique des données et à l’IA responsable

Un sujet domine actuellement les préoccupations des acheteurs français : la neutralité carbone et la gestion des émissions de carbone, priorité absolue pour 54 % d’entre eux. Viennent ensuite la gouvernance d’entreprise éthique (48 %) et les pratiques de travail (44 %).

Cependant, le véritable changement de paradigme commence tout juste à prendre forme. Aussi, pour les deux à trois prochaines années, les personnes interrogées anticipent une montée en puissance d’un sujet encore peu présent aujourd’hui : l’éthique des données, la traçabilité numérique et l’IA responsable. Dans les priorités des acheteurs français, ce domaine devrait même passer de 22 % actuellement à 58 % pour les deux à trois prochaines années, soit une progression bien plus importante que les autres sujets.

La logique est implacable. Quiconque utilise l’IA dans les Achats (pour évaluer les risques fournisseurs, valider des données CO₂ ou automatiser des décisions) doit nécessairement s’interroger sur les implications éthiques de cette technologie. Quelles données alimentent le système ? Les algorithmes sont-ils transparents ? Et qui assume la responsabilité lorsque des décisions fondées sur l’IA ont des répercussions sur l’ensemble des relations fournisseurs ?

Dans cette perspective, les directeurs Achats interrogés identifient deux compétences clés pour les années à venir : l’analyse des données RSE (66 %) et la maîtrise des outils d’approvisionnement numériques (40 %).

Qu’est-ce que cela signifie pour les services Achats français ?

Les données du Baromètre dressent un tableau clair : les entreprises françaises ont bâti des programmes d’Achats Responsables solides, fondés sur des équipes expérimentées, une forte transparence sur les fournisseurs de rang 1 et une approche résolument axée sur les données. Cependant, certains chantiers attendent encore leur prochaine étape : généraliser l’IA à l’ensemble des processus, étendre la transparence aux niveaux les plus profonds de la chaîne d’approvisionnement, et faire un usage responsable des technologies qui rendent cette transformation possible.

L’enjeu est désormais de traduire l’impulsion réglementaire (qui est le premier moteur en France) en un système opérationnel qui traite à parts égales conformité, résilience et création de valeur. Les programmes les plus matures y parviennent déjà. Pour les autres, l’heure est au passage à l’échelle.


À propos de l’étude : Le Baromètre des achats responsables est publié par EcoVadis en collaboration avec Accenture. Cette neuvième édition s’appuie sur les témoignages de 1 000 services Achats internationaux et de près de 2 000 fournisseurs. Elle examine les capacités concrètes que les services Achats mettent en place pour rester efficaces face à l’incertitude : transparence de la chaîne d’approvisionnement, intégration des données fournisseurs dans les processus opérationnels, et partenariats favorisant l’innovation.

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