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10th June 2026

Scope 3 : le vrai frein n’est pas l’ambition, c’est la qualité des données

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Par Dexter Galvin, SVP Climate, EcoVadis

Tout juste paru, le Baromètre des Achats Responsables 2026 d’EcoVadis, en collaboration avec Accenture, confirme que les données carbone sont encore inégales parmi tous les fournisseurs


Les entreprises cherchent à renforcer leurs exigences en matière de qualité des données carbone, collecter davantage de données primaires auprès de leurs fournisseurs et privilégier les données au niveau produit. Cependant, le niveau de préparation des fournisseurs reste encore trop hétérogène :  

30 % des fournisseurs ne transmettent toujours aucune donnée d’émissions.

Source : page 20 du rapport https://ecovadis.com/fr/insights/barometer-fr/

Ce résultat vient conforter d’autres conversations engagées avec de multiples acteurs à l’occasion d’évènements. Ainsi, à Sustain 2026, j’ai eu de nombreuses conversations sur le Scope 3 et la maturité des fournisseurs. Les feuilles de route sont là, les engagements aussi… mais dès qu’on creuse, le même blocage revenait, presque mot pour mot : “nous manquons de données fiables.” Ce n’est pas une surprise, le Carbon Action Report, réalisé en partenariat avec le BCG, le documentait très clairement : les émissions de Scope 3 sont en moyenne 21 fois plus élevées que les émissions directes, et l’engagement fournisseurs est de loin le levier le plus puissant (9 fois plus efficace que les autres actions de réduction).

Autrement dit, on sait où agir. 

Le problème, c’est qu’on essaie souvent de piloter avec des moyennes sectorielles et des estimations qu’on serait bien en peine de défendre devant un auditeur.

Revenir à la source

Ce que j’observe sur le terrain, c’est que la donnée primaire est encore trop souvent perçue comme un objectif lointain, réservé aux grandes entreprises avec des ressources dédiées. Et c’est exactement ce que le PCF Calculator EcoVadis cherche à changer : gratuit et disponible en 13 langues, il permet à n’importe quel fournisseur (y compris les PME) de calculer l’empreinte carbone de ses produits et de la partager de manière structurée, sur 12 secteurs clés déjà couverts. L’idée n’est pas de tout résoudre d’un coup, mais de sortir enfin d’une logique d’approximation.

D’autre part, si produire des données est une chose, savoir si ces dernières sont fiables et exploitables en est une autre. C’est pourquoi, chez EcoVadis, nous avons intégré dès le départ un système de niveaux de fiabilité à quatre paliers, des données estimées jusqu’aux données vérifiées par un tiers : grâce à notre approche, chaque donnée remontée est qualifiée instantanément, afin que les entreprises puissent savoir immédiatement ce qui est exploitable pour un reporting et ce qui nécessite encore un travail d’amélioration. C’est ce passage-là, de la donnée brute à la donnée “décisionnelle”, qui change tout dans la pratique.

Source : La méthodologie carbone d’EcoVadis: Vue d’ensemble et principes

Connecter les écosystèmes

Même fiable, une donnée primaire ne suffit pas si elle reste isolée : pour qu’elle génère un impact réel, elle doit pouvoir être consolidée, modélisée et intégrée dans un reporting prêt pour l’audit. C’est précisément d’ailleurs dans cette logique que s’inscrit notre stratégie de partenariats Après Sweep, Normative et Watershed, Carbmee et Workiva font partie des partenaires rassemblés autour de notre ambition : Bâtir le réseau de données carbone le plus interconnecté du marché.

En jouant le rôle de moteur de données primaires pour l’ensemble du secteur, EcoVadis fournit aux entreprises des données de haute qualité, spécifiques à leurs fournisseurs, pour aller au-delà des estimations. 

EcoVadis fournit ainsi la première brique essentielle – les données primaires – et s’associe à d’autres acteurs carbone pour assurer l’intégration des données. 

Le développement des partenariats marque une étape décisive des actions concrètes et mesurables, et vers une véritable résilience climatique à l’échelle des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le fond du sujet

Le défi du Scope 3 n’est plus un problème d’ambition. C’est un problème de données. Et en 2026, les entreprises qui progresseront le plus vite ne seront pas forcément celles qui ont les engagements les plus ambitieux, mais bien celles qui auront investi dans la donnée primaire, en auront évalué la fiabilité, et s’appuieront sur des écosystèmes interconnectés pour la transformer en décisions concrètes.

Chez EcoVadis, c’est exactement l’ambition que nous poursuivons : construire le réseau de données carbone le plus interconnecté du marché, pour que les équipes Achats puissent enfin piloter leur stratégie avec des chiffres solides et tenir une trajectoire crédible vers le Net Zero.

Parce qu’au fond, tout part de là : des données carbone fiables sur lesquelles on peut vraiment s’appuyer.

Ce sujet était au cœur du webinaire en français en compagnie de Nils Baqué de Sweep : “Scope 3 : de la pression réglementaire à la résilience, grâce aux données primaires”. Les équipes EcoVadis et Sweep collaborent depuis trois ans, voici deux extraits du webinaire qui me semblent bien refléter l’intérêt de tels partenariats et qui s’accordent bien avec mon propos : l’infrastructure est enfin là, l’analyse de rentabilité est prouvée et les outils existent. 

“Un point clé, que je veux vraiment souligner, c’est l’exercice de vérification systématiquement fait sur ce type de données, sur quatre niveaux, dont le plus bas est “faible” et le plus haut est “vérifié par un tiers”. Du coup, vous pouvez voir directement sur quelles données vous pouvez baser vos évaluations en interne et avec quel fournisseur en parallèle, il faut travailler plus pour pousser que cette donnée carbone soit aujourd’hui, faible, mais demain plus fiable.”

“Le point de toute cette collecte de données, c’est aussi leur exploitabilité, et c’est ici que vous pouvez donc recenser toutes les données et vous préparer activement à l’audit et à tous vos rapports extra financiers. En partageant tout ce type d’information aux auditeurs qui peuvent donc tracer instantanément l’origine et la robustesse de chaque métrique qui sont des paramètres essentiels dans le cas d’une évaluation dans un audit.”

Les disruptions supply chain font perdre

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